De Dominyah à Fareinyah, une immersion au cœur des vestiges de la traite négrière et un plaidoyer pour la sauvegarde du patrimoine historique de Boffa
BOFFA , Il est des lieux que l’on visite, et d’autres que l’on écoute. Des lieux où chaque pierre, chaque sentier et chaque témoignage semblent porter la voix silencieuse des générations disparues.
À l’occasion de la dernière journée de la Semaine de l’indépendance, ce jeudi 1er octobre 2026, une immersion particulière a conduit notre délégation, avec l’Honorable Alseny Kolia Sylla, sur deux sites historiques majeurs liés à la traite négrière dans la préfecture de Boffa : Dominyah et Fareinyah.

L’objectif de cette visite était clair : aller à la rencontre des populations qui veillent sur ces espaces de mémoire, écouter leurs préoccupations et mieux mesurer les enjeux liés à la conservation, à la protection et à la valorisation de ce patrimoine historique.

DOMINYAH ET FAREINYAH : QUAND LES PIERRES RACONTENT L’HISTOIRE
Sur ces terres chargées d’histoire, les guides locaux ont livré des témoignages poignants sur les heures sombres de la traite négrière.
Leurs récits évoquent les conditions particulièrement difficiles imposées aux personnes réduites en esclavage, les différentes étapes de leur déplacement et les circuits de leur déportation.
Selon les témoignages recueillis sur place, certains captifs furent transférés vers l’île de Gorée, avant d’être conduits jusqu’à Marseille, en France, puis déportés vers le Brésil, en Amérique, où ils furent soumis aux travaux forcés dans des conditions particulièrement déshumanisantes.

Face à ces récits, une conviction s’impose : pour comprendre véritablement l’histoire, il faut parfois retourner là où elle s’est écrite.
Observer les vestiges.
Écouter les gardiens de la mémoire.
Interroger les traces du passé.
Et surtout, transmettre ce qui ne doit jamais disparaître.

LES GARDIENS DE LA MÉMOIRE, DES SENTINELLES DE NOTRE HISTOIRE
L’un des guides rencontrés sur place l’a rappelé avec force : la compréhension de la traite négrière à Boffa passe aussi par la découverte directe de ces sites et par l’écoute de ceux qui, génération après génération, en préservent la mémoire.
Ces témoignages ne laissent pas indifférent.
Ils rappellent que l’histoire n’est pas seulement contenue dans les livres. Elle vit aussi dans les lieux, dans les récits des anciens et dans la mémoire collective des communautés

Boffa porte ainsi une partie importante de l’histoire de la Guinée, avec un patrimoine marqué notamment par son passé colonial et son implication dans les réseaux historiques de la traite négrière.

PRÉSERVER AUJOURD’HUI POUR TRANSMETTRE DEMAIN
Au terme de cette immersion, les difficultés rencontrées par les conservateurs et les communautés vivant autour de ces sites sont apparues avec davantage de clarté.
La protection de ces lieux, leur entretien, leur documentation et leur valorisation constituent des défis qui nécessitent l’implication des différentes composantes de la société.

L’engagement a ainsi été réaffirmé : porter les préoccupations des populations au niveau de l’Assemblée nationale, afin de contribuer, dans le cadre des responsabilités institutionnelles, à la protection et à la valorisation de ces espaces historiques.
L’ambition est de voir Dominyah et Fareinyah devenir davantage accessibles aux visiteurs, aux chercheurs, aux élèves, aux étudiants et à tous ceux qui souhaitent comprendre une partie de l’histoire de Boffa et de la Guinée.
Car un patrimoine qui n’est pas connu risque de tomber dans l’oubli.
Et une mémoire qui n’est pas transmise finit par s’effacer.
DE L’HISTOIRE À LA CULTURE : LES FEMMES DE BOFFA À L’HONNEUR
Après cette plongée dans les profondeurs de l’histoire, la délégation a mis le cap sur la place publique de Boffa, où une autre forme de patrimoine était à l’honneur.
Cette fois, ce sont les femmes engagées dans la valorisation du contenu local et de la richesse culinaire de la Basse-Côte qui ont retenu l’attention.
À travers leurs produits, leur savoir-faire et leur créativité, elles contribuent elles aussi à raconter Boffa autrement.
Leur initiative a été saluée et encouragée, avec des félicitations adressées à ces femmes qui œuvrent à la promotion des traditions, des produits locaux et du patrimoine gastronomique.

BOFFA, UNE MÉMOIRE À PRÉSERVER, UNE HISTOIRE À FAIRE VIVRE
De Dominyah à Fareinyah, des récits de la traite négrière aux savoir-faire culinaires des femmes de Boffa, cette journée aura été une véritable traversée de la mémoire et de l’identité locale.


