Boffa : Baralandé, un secteur aux immenses potentialités, mais oublié du développement

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 Enclavement, manque criard d’eau potable et d’accès : les habitants de Baralandé crient leur désespoir.

Situé à quelques kilomètres du centre urbain de Boffa, le secteur de Baralandé demeure aujourd’hui l’un des plus enclavés de la préfecture. Malgré ses riches potentialités agricoles, halieutiques et pastorales, cette localité vit dans des conditions précaires, marquées par un manque criard d’eau potable, des routes impraticables et un accès difficile aux services sociaux de base.Un secteur à fort potentiel, mais oublié

Baralandé est une zone fertile, traversée par plusieurs bas-fonds propices à la culture du riz, du manioc, des légumes et des fruits tropicaux.

Les rivières et bras de mer qui l’entourent offrent des possibilités énormes de pêche artisanale, tandis que l’environnement naturel se prête parfaitement à l’élevage.

Cependant, faute d’infrastructures, ces richesses demeurent inexploitées.

Les paysans peinent à écouler leurs produits agricoles vers les marchés voisins à cause de l’état dégradé des routes. Pendant la saison des pluies, l’accès devient presque impossible, isolant totalement la communauté du reste du monde.

Le problème le plus criant reste l’absence d’eau potable.

Depuis plus de trente ans, les habitants de Baralandé puisent leur eau dans des marigots ou des puits traditionnels souvent insalubres.

Selon les témoignages recueillis sur place, cette situation expose la population, notamment les enfants, à de nombreuses maladies hydriques telles que la diarrhée et le ballonnement de ventre.

Les femmes, principales victimes de cette situation, parcourent chaque jour plusieurs kilomètres pour trouver un peu d’eau à consommer.

<< Nous partons très tôt le matin avec des bidons sur la tête. Parfois, on rentre à midi sans avoir trouvé de l’eau claire,>>, raconte Fatoumata Bangoura, mère de cinq enfants.

<< Nous avons tout ici : la terre, la mer, les animaux. Mais nous n’avons pas l’essentiel : l’eau pour boire . Nos enfants tombent malades à cause de l’eau. Nous buvons la même eau que les animaux. C’est triste, mais nous n’avons pas le choix. Quand il pleut, aucun véhicule et les motos ne passent . Avec une route et un point d’eau, Baralandé peut nourrir une grande partie de la population. On reste bloqués ici, sans commerce, sans soins, sans aide >>, témoigne Abou douze Sylla, le chef secteur de baralandé 

Ils demandent la construction d’un forage moderne, la réhabilitation de la route principale et l’appui au développement agricole et halieutique.

<< Nous avons la terre, la mer et le courage de travailler. Il ne nous manque que les moyens et un peu d’attention des autorités,>>, souligne un jeune agriculteur, Boubacar Camara.

Les communautés locales multiplient les plaidoyers auprès des autorités préfectorales, surtout communales des société minière , de l’ État et des partenaires au développement, pour la réalisation d’un forage et l’amélioration de la route reliant Baralandé au centre-ville.

 Elles estiment que le désenclavement et l’accès à l’eau potable permettraient de valoriser les atouts du secteur, créer des emplois et freiner l’exode rural.

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