La capitale marocaine restera longtemps marquée par cette nuit de football aux allures de thriller. Devant un stade en ébullition et tout un pays en apnée, le Sénégal a décroché sa deuxième étoile continentale en s’imposant face au Maroc, pays hôte, sur le score de 1 but à 0 après prolongations.

Mais au-delà du résultat, cette finale restera gravée pour son scénario totalement surréaliste. Tout a basculé en fin de temps réglementaire : un but refusé aux Lions de la Teranga, un penalty jugé polémique accordé aux Lions de l’Atlas, la colère sénégalaise qui monte, puis l’impensable… Les joueurs du Sénégal quittent la pelouse, dénonçant une décision arbitrale qu’ils estiment injuste. La rencontre est interrompue pendant près de 15 à 20 minutes, plongeant le stade dans la confusion la plus totale.
C’est dans ce climat électrique qu’intervient un moment décisif, presque invisible aux yeux du grand public, mais déterminant pour l’issue de la finale. En bord de terrain, Claude Le Roy, ancien sélectionneur du Sénégal entre 1988 et 1992, aujourd’hui consultant, échange discrètement avec Sadio Mané, capitaine des Lions.
« Sadio est venu me demander : À ma place, que ferais-tu ? », a confié Claude Le Roy à l’AFP et sur Canal+.
« Je lui ai répondu : À ta place, je reviens sur le terrain et je joue. C’est le foot, et on ne sait jamais ce qui peut arriver ensuite. »
Resté seul sur la pelouse tandis que ses coéquipiers regagnaient les vestiaires, Mané écoute, réfléchit… puis agit. Dans un geste de leadership exceptionnel, il se précipite vers le tunnel, interpelle ses partenaires et parvient à les convaincre de revenir jouer.
Quelques instants plus tard, le Maroc obtient son penalty. Brahim Díaz s’élance, tente une panenka trop timide… Édouard Mendy capte le ballon. Le score reste nul.

Les prolongations débutent. L’histoire bascule définitivement lorsque Pape Gueye délivre tout un peuple d’une frappe victorieuse, offrant au Sénégal un nouveau sacre continental.
Ce geste de Sadio Mané, inspiré par l’expérience de Claude Le Roy, a sans doute évité une catastrophe sportive et une image indélébile d’abandon en finale. « On va jouer comme des hommes », aurait lancé le capitaine sénégalais à ses coéquipiers, selon plusieurs témoins.
Pour beaucoup d’observateurs, cet épisode résume parfaitement la carrière de Sadio Mané : talent, sang-froid, humilité et sens aigu du collectif, même dans l’adversité la plus extrême. Si d’autres figures comme Walid Regragui ou El-Hadji Diouf ont également échangé avec lui, c’est bien la parole du « Sorcier Blanc » qui a fait pencher la balance.

À Rabat, cette finale restera comme l’une des plus folles de l’histoire de la CAN. Et pour le Sénégal, elle symbolise bien plus qu’un trophée : une victoire de caractère, de discipline et de leadership.
G – pour BoffaMedia


